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Approfondir pour orienter l'action
Le saviez-vous ? Pourquoi la capitalisation au FFEM ?
Un processus renforcé.
C'est une démarche à vocation multiple : redevabilité, valorisation des savoirs et aide à la décision.
Ces exercices permettent de comparer les approches, de renforcer les liens entre acteurs de différents contextes géographiques et de mieux comprendre les conditions de succès et d’échec. Des recommandations sont réalisées à l’issue de l’exercice afin de permettre la mise en commun des enseignements des projets. Cela contribue à identifier les solutions transférables et à nourrir des réflexions sur le passage à l’échelle.
Ces démarches permettent de favoriser les échanges entre des acteurs issus de territoires différents, mais confrontés à des problématiques similaires, et de créer de véritables communautés de pratiques et de savoirs. Souvent menées en partenariat avec d’autres institutions, elles débouchent systématiquement sur des restitutions et des échanges avec les praticiens du développement, permettant de mettre en débat et de diffuser plus largement les résultats.
Elles donnent également lieu à la production d’outils pratiques, comme le tutoriel consacré à la restauration des mangroves.
Les capitalisations permettent de tirer les enseignements des projets soutenus par le FFEM, mais aussi de les partager avec les décideurs politiques et les partenaires techniques et financiers. Elles peuvent ainsi contribuer à faire évoluer les pratiques, à nourrir les orientations du FFEM et à favoriser le passage à l’échelle des solutions expérimentées. Réalisées en lien avec les grands temps forts de l’agenda international, elles peuvent également donner une portée plus large à ces enseignements et contribuer à nourrir le débat international.
Comment passer des enseignements tirés des projets à une véritable dynamique de changement ? Maelis Borghese, Responsable des évaluations et capitalisations au FFEM, nous explique comment ces travaux peuvent contribuer à renforcer l’impact des projets du FFEM.
Le FFEM consacre une part de son budget à l’évaluation des projets qu’il soutient, mais aussi à la capitalisation sur les solutions.
Maëlis Borghese : Le FFEM soutient l’expérimentation de solutions innovantes dans l’optique de vérifier leur efficacité, mais aussi d’inspirer d’autres acteurs. Cela demande de tirer le maximum d’enseignements des projets : bonnes pratiques, facteurs de réussite, freins et difficultés…
Or, ceux qui les portent n’ont pas toujours le temps, les moyens ou le recul pour réaliser cette analyse. Pour que l’évaluation soit utile, nous mandatons des cabinets d’experts indépendants : nous leur demandons d’aller sur le terrain et de rencontrer les acteurs et les bénéficiaires du projet pour produire leurs rapports. Parfois, quand les résultats ne sont pas probants, les porteurs de projets peuvent aussi être réticents à partager leur expérience. Pourtant, nous insistons sur le « droit à l’essai ». Nous finançons des expérimentations, nous assumons
« Les essais non probants ne sont pas des échecs. Ils fournissent des enseignements utiles pour avancer. » MAËLIS BORGHESE, Responsable des évaluations et capitalisations, suivi du portefeuille en exécution
le risque que certaines ne marchent pas, ou pas tout de suite. D’ailleurs, on ne parle pas d’échecs : ces projets sont riches d’enseignements, ils sont précieux pour les capitalisations que nous faisons de tous les projets portant sur une problématique commune (voir encadrés).
M.B. : Oui. Par exemple, dans la stratégie 2023-2026, si nous soutenons davantage de projets visant à
produire des données scientifiques sur la biodiversité en haute mer, c’est que des initiatives précédentes ont montré que cela pouvait faire avancer les prises de décisions politiques. En démontrant le rôle essentiel des écosystèmes planctoniques, le projet mené par la Fondation Tara Océan entre 2017 et 2021 a contribué à ce que la communauté internationale reconnaisse la nécessité de les préserver et l’inscrive dans le Traité sur la conservation de la biodiversité en haute mer (dit « BBNJ » pour Biodiversity Beyond National Jurisdiction.), signé en 2023 et en cours de ratification.
M.B. : C’est difficile de le mesurer de façon systématique. Il peut parfois s’écouler plus de dix ans entre la fin d’une expérimentation locale et le moment où elle est reprise plus largement dans le pays, ou même ailleurs ! Or, le FFEM a rarement les moyens de suivre l’évolution des projets après son intervention. Le plus souvent, nous avons des nouvelles de façon informelle. Le cas du parc national d’Ifrane, au Maroc, en est un bon exemple. Dans les années 2000, nous avons accompagné sa création. L’institution marocaine en charge des aires protégées y a testé plusieurs approches de gestion partagée avec les communautés locales. Nous n’avions plus de nouvelles jusqu’à ce que, 20 ans plus tard, le responsable du projet de l’époque, devenu chef du département des parcs nationaux et des aires protégées du Maroc recontacte l’AFD et le FFEM pour financer le déploiement de certaines de ces solutions à l’échelle de toutes les forêts du pays. À défaut de pouvoir suivre le devenir de toutes nos actions, nous encourageons les porteurs de projets à mettre en place dès le départ les conditions d’un passage à l’échelle : implication des autorités locales et des acteurs financiers, mesure des impacts, communication et visibilité des résultats sont des éléments clés.
Capitaliser et partager les enseignements autour de nos grands enjeux environnementaux
Nos capitalisations mettent en lumière des approches permettant de concilier préservation du vivant, gestion durable des ressources et développement des territoires. En 2021, le FFEM a ainsi publié un retour d’expérience sur 25 ans d’intervention et près de 40 projets consacrés aux aires marines protégées. Cette capitalisation montre comment mieux connaître et protéger les écosystèmes marins, associer les populations à leur gestion, développer des activités économiques durables et inscrire leur protection dans la durée. Des enseignements qui ont contribué à nourrir les débats internationaux, notamment lors du Congrès mondial de l’UICN et d’IMPAC5.
Qu'est ce qu'une aire marine protégée ?
Nos capitalisations mettent l’accent sur la préservation et la restauration des milieux marins et côtiers, essentiels aux populations et à la résilience des territoires. L’Initiative Mangroves, lancée en 2018, illustre cette démarche : en favorisant le partage d’expériences entre projets et la mise en réseau d’experts et de chercheurs de plusieurs continents, elle contribue à faire progresser les connaissances, diffuser les bonnes pratiques et accélérer l’adoption de solutions éprouvées pour mieux protéger et restaurer les mangroves.
Dans le prolongement de cette démarche, le FFEM en partenariat avec l’UICN PAPACO, a développé ce tutoriel pratique présentant les étapes clés de la restauration des mangroves, du diagnostic des dégradations au suivi des actions de réhabilitation. Accessible à tous, il propose des méthodes concrètes pour préserver la biodiversité, protéger les littoraux et renforcer les bénéfices pour les communautés locales.
Notre capitalisation CAP’ SUR une gestion plus durable des forêts de production en Afrique centrale tire les enseignements de projets pilotes et de recherche soutenus par le FFEM. Elle met en avant les conditions d’une gestion forestière conciliant conservation de la biodiversité, stockage du carbone, développement économique et besoins des populations, dans le deuxième massif forestier tropical de la planète, après l'Amazonie.
CAP' SUR les forêts d'Afrique centrale
Avec CAP’ SUR l’intégration de la Nature en Ville en Amérique latine, le FFEM capitalise sur les solutions permettant de réintroduire, préserver et restaurer la nature dans les espaces urbains. Les expériences analysées montrent comment la nature peut devenir un levier pour rendre les villes plus résilientes face aux risques climatiques, inclusives et durables, tout en préservant la biodiversité.
CAP' SUR la nature en ville en Amérique latine
CAP’ SUR : Agir en faveur des mobilités actives et du climat en Afrique
Dans le prolongement de ses actions en faveur de la transition écologique des villes, le FFEM met également l’accent sur les enjeux de mobilité en Afrique.
Comment favoriser des mobilités urbaines plus durables et résilientes face au changement climatique dans les villes africaines ? La nouvelle capitalisation du FFEM s’appuie sur l’analyse de six Plans de Mobilité Urbaine Durable (PMUD) élaborés dans le cadre du partenariat MobiliseYourCity, dans cinq pays africains. Elle met en lumière les bonnes pratiques et les leviers d’action pour développer la marche et le vélo tout en intégrant les enjeux climatiques. Elle propose des enseignements et des recommandations opérationnelles pour accompagner les collectivités et les acteurs de la mobilité vers des villes plus durables, inclusives et résilientes.
Les expériences soutenues par le FFEM explorent des solutions pour agir sur l’ensemble du cycle de vie des produits, en privilégiant la réduction des pollutions à la source et l’économie circulaire. Elles portent notamment sur la réduction, le réemploi et le recyclage des déchets, la gestion des produits chimiques et la structuration de filières pérennes pour les déchets dangereux, avec une attention particulière portée aux impacts conjoints sur la santé humaine, animale et celle des écosystèmes.
Notre collection CAP’ SUR : apprendre du terrain pour agir à plus grande échelle
Les exercices de capitalisation au FFEM ont pris différentes formes avec le temps et ont abouti, en 2023, à la naissance de la collection « CAP’ SUR », conçue par le FFEM pour partager les enseignements et les solutions issus des projets et favoriser leur diffusion à plus grande échelle. À travers des ouvrages thématiques de capitalisation, des notes aux décideurs et des films courts accessibles à un large public, la collection donne la parole aux porteurs des projets soutenus par le FFEM et contribue à diffuser leurs expériences et leurs enseignements.